Avant même que je ne commence les démarches, tout le monde a tenté de me dissuader en me disant que, non, les universités n’acceptent JAMAIS en Erasmus les étudiants originaires de prépa. Bon et bien je vous prouver le contraire (et en plus, je connais quelqu’un d’autre qui a réussi aussi !).

Bien sûr, cela correspond à une double galère administrative. Je vous fait le bilan de mon cas :

Pour ma part, j’ai commencé à m’y prendre dès le mois de septembre de l’année précédent mon départ. Je commençais alors ma Khûbe (c’est-à-dire ma troisième année de prépa), et je me suis dit que si je ne réussissais pas les concours, je voulais au moins pouvoir partir en Erasmus (car après tout, si je m’embêtais trois ans en prépa à suivre une formation particulièrement dure, ce n’était pas juste que je ne bénéficie pas de la chance d’une année à l’étranger).

Contre les recommandations de tous, je suis donc allée à la fac d’économie (où je m’étais inscrite en L3 en parallèle) pour me présenter au responsable de la licence. Il n’avais pas l’air de bien connaître ma formation, mais enfin, très sympathique monsieur tout de même et qui m’a réorienté vers le coordinateur du département international en économie. Je suis donc retournée à la fac (en manquant à l’occasion deux heures de mon cours d’histoire), me suis présentée, et immédiatement celui-ci m’a dit qu’il ne faisait pas confiance aux étudiants de CPGE, certes bons étudiants, mais qui prenaient des places Erasmus, obtenaient des places en écoles de commerce, et finalement laissaient tomber la fac (ce qui gaspille de l’argent alloué aux étudiants « sortants »).

Je lui ai donc expliqué que dans ma prépa (B/L), on ne se préparait pas vraiment aux écoles de commerce (il ne faut pas confondre toutes les prépas) et que les seuls concours que je passais, c’était l’ENSAI, l’ENSAE et les ENS (finalement, j’ai passé les Ecricomes pour avoir une chance de réussir une école, mais je n’étais pas motivée). Moi qui étais venue en me disant qu’il faudrait que je prouve que j’étais très bonne étudiante et méritait ma place, voilà que le coordinateur avait l’air de vouloir que je prouve que je n’avais aucune chance d’avoir ces concours. Heureusement, il a vite fait une petite mou en disant « oui, bon, d’accord, les ENS, c’est impossible de les avoir ». Très encourageant dîtes-moi ! Mais peu importe, il était déjà convaincu que je n’obtiendrais pas ces écoles, tant mieux.

Mais je n’avais gagné qu’une bataille, il m’a donc fallu revenir à plusieurs reprises (sur des heures d’éco, sûrement). Vers novembre , il avait déjà oublié qui j’étais et ce qu’était la prépa B/L (vraiment vexant !!). Dans ces situations, il faut savoir redoubler de politesse et utiliser ses charmes secrets. Bref, il a fini par me demander où je voulais aller, j’ai dit Constance, sans trop savoir pourquoi (le nom sonnait bien, et la page Internet était plus claire que pour les autres universités), et il m’a dit que je lui inspirais confiance (comme quoi, ça sert des fois, d’avoir l’air toute sage). Il a dit que comme personne n’avait encore demandé Constance, j’avais des chances. C’est ainsi que j’ai commencé de préparer mon dossier pour aller en Master 1 en Allemagne.

Mais comme je me méfiais de ces histoires d’équivalences (les passerelles entre la prépa e la fac), j’ai aussi fait une demande en L3, au cas où l’université décide finalement de ne pas reconnaître mon année de prépa (J’ai bien fait d’ailleurs, parce que c’est ce qui a fini par se passer). J’ai su en avril (le dernier jour des concours de l’ENS) que j’avais une place (le coordinateur avait oublié de me prévenir, étonnant). En juillet, pendant les oraux de l’ENSAI, voilà que je reçois un mail comme quoi je suis défaillante et que je ne peux donc pas partir en Erasmus (crise de rage que je m’efforce de maîtriser tant bien que mal). A vrai dire, avec une sous-admissibilité à Ulm et Lyon et mon admission à l’ENSAI et mon admissibilité aux Ecricomes, je ne me sentais pas défaillante du tout ! Surtout que je n’étais même pas allée aux oraux des écoles de commerce parce que je voulais absolument partir en Allemagne !! Enfin, heureusement que j’avais fait un dossier de précaution pour une L3. J’ai fini par m’arranger et tout est rentré dans l’ordre. Un peu plus tard, je me suis rendue compte que je n’avais pas fait mon inscription à l’Université de Constance ni fait de demande de logement (d’où pouvais-je savoir ?!) et en urgence j’ai fait des demandes, tout a bien marché, grâce au coordinateur et à la réactivité de mon université d’accueil (d’un côté, c’était de ma faute, mais de l’autre, j’étais en prépa, donc je n’avais pas les informations pour les réunions de préparation).

J’ai emménagé le 1er août et suis venue m’installer le 22 pour 11 mois qui allaient être les meilleurs de ma vie.

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