La prépa,

S’engager pour deux ans, et partir après trois,

C’est l’amère vérité que l’on ne vous dit pas.

Bachelier qui croyait avoir fait le plus dur,

Fier déjà d’acquérir une riche culture,

Seul espoir de salut, mon brave tu devras

Cacher ton ignorance dans les alinéas.

(   )

Hélas, Il est trop tard pour changer de projet,

Vous y vouliez venir ; vous allez y rester !

Vous apprendrez, dit-on, à travailler vite

Si vous êtes sérieux, vous avez du mérite,

Quant à moi, paresseuse, j’ère minuit passé

Sur mon ordinateur, dans mon lit affaissée

Une pièce de Brecht ouverte à la première page

D’autant plus ennuyeux que dépourvu d’images

Et que depuis dix jours je prévois d’achever ;

En septembre pourtant, que j’étais motivée !

(   )

Mieux que des physiciens, découvrez les mystères,

Qui font tout l’intérêt d’une prépa littéraire :

Le temps est malléable, expérience en est faite,

Lisez en moins d’une heure, Othello et Hamlet,

Avec Jules Ferry familiarisez-vous

Ni Diderot ni Kant n’ont de secrets pour vous

Mais ne négligez point les lectures personnelles

Qui seront en dissert’ d’utilité réelle.

(   )

C’est sans compter, bien sûr, sur les mathématiques

Et les tours de magie du calcul algébrique,

Dont les démonstrations laissent vite étourdi

Celui qui à l’éco a consacré sa nuit

Dont les mots « nilpotence », « suites », « matrices » et « vecteurs »,

« Lipschitzien » « isomorphe » soulèvent le cœur.

(…) Inachevé, faute de temps (colle oblige, désolée…)

Glossaire :

(1) dans le monde de la prépa littéraire, ce qu’on appelle « hypokhâgne » est la première année de galère. Ce qu’on appelle la « khâgne » est la deuxième année, où s’arrête le parcours… en principe…

(2) Le carré est l’étudiant de Khâgne. Il est malheureux, mais encore sain d’esprit, il n’a qu’une hâte : fuir ! Le Khûbe est un phénomène assez rare et qui manifeste une forme de folie aiguë. Le Khûbe a décidé de redoubler la deuxième année (mais le programme est si vaste qu’on ne revoit jamais deux fois la même chose et que l’on n’est pas avantagé du tout !!). Le Khûbe devient protestataire et finit, tôt ou tard, par prendre son destin en mains.  Ensuite, il y a le Bicarré, c’est celui qui veut tellement les concours ou qui ne sait tellement pas quoi faire de sa vie qu’il refait (encore une fois !!!) une Khâgne. Il a développé au cours de son parcours une forme d’asociabilité incurable, une dépression à tendance suicidaire, un langage se rapprochant de celui de l’Encyclopédie universelle.

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