Qui n’a jamais rêvé d’un peu d’aventure, d’un voyage à l’étranger, d’améliorer son niveau d’anglais et de faire de super rencontres… tout ça sans avoir à débourser trop d’euros ?

La solution que vous recherchez est peut-être le « Woofing« .

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Les serres…

Le « Woofing », c’est quoi ? 

Le principe est assez simple : Partout dans le monde, des agriculteurs recherchent de la main d’oeuvre bon marché. Et partout dans le monde, des aventuriers veulent changer de quotidien sans se ruiner et sont sont prêts à être bénévoles. En échange de leur travail, les bénévoles sont pris en pension (nourris, logés, blanchis) pendant leur séjour.

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Notre maison !

Comment trouver un agriculteur prêt à m’accueillir ? 

De nombreux sites proposent de vous mettre en correspondance avec des fermiers. A titre d’exemple, vous pourrez vous rendre sur http://wwoofinternational.org/ ou sur http://www.wwoof.ie/ (c’est avec ce dernier site que j’ai trouvé ma ferme). En principe, il y a malheureusement des frais d’inscriptions auxquels vous ne pourrez pas échapper si vous voulez contacter des fermiers (et je dois vous avouer que j’ai eu au départ beaucoup de réserves, tenant à mes ptits sous et craignant les arnaques!).

Une fois inscrit sur un site, il ne vous reste plus qu’à compléter votre profil, à consulter les places disponibles et à envoyer des messages aux propriétaires… en anglais (au moins ça vous met dans le bain) !

Aucun contrat n’est signé, donc il faut accepter de faire confiance au fermier s’il vous dit qu’il vous réserve une place. En principe, ils n’ont pas envie de passer des jours à comparer les profils des candidats pour choisir LE meilleur, donc s’il vous dit oui, partez du principe que vous pouvez commencer à préparer votre voyage.

Comment s’organiser ? 

Le Woofing est une solution de voyage économique, mais il faut quand même prévoir un certain nombre de dépenses.

– les frais d’inscription au site

– vaccins et assurances éventuellement

– voyage jusqu’à votre ferme

– argent pour les sorties / souvenirs

– si vous le souhaitez, un petit cadeau de votre région pour votre hôte

Mon expérience ? 

Après deux années de classe préparatoire BL, j’avais bien envie de m’accorder un voyage à l’étranger dans un pays anglo-saxon pour améliorer mes connaissances linguistiques et pour profiter de ma liberté (je ne savais pas à ce moment que j’allais khûber). J’avais pensé à faire un séjour au-pair, mais j’ai eu beaucoup d’échos négatifs qui m’ont refroidie (et c’est sans compter les arnaques qui prolifèrent sur certains sites !). J’étais prête à travailler pour financer mon séjour, alors j’ai envoyé des cv à des boulangeries irlandaises et anglaises. Je n’ai jamais eu une seule réponse.

Et puis un soir, un ami m’a appelée et m’a dit qu’il avait besoin de travailler son anglais, qu’il voulait tester le woofing (c’était un amoureux du jardinage, disons-le) et que si j’avais toujours envie de partir quelque part, nous pourrions essayer de trouver une place pour deux personnes.

L’idée de faire du jardinage ne m’a pas trop tentée au début. Avec mes talents naturels, j’imaginais très bien toute la végétation dépérir sur mon passage, et je ne voulais pas me sentir responsable de la faillite d’une ferme biologique ! En revanche, partir à plusieurs me rassurait, alors j’ai accepté (à condition que ce ne soit pas moi qui m’occupe de trouver le site, parce que je ne fais pas confiance aux sites qui te demandent de l’argent alors que rien ne peux t’assurer que tu vas trouver ce qui te convient).

Finalement, cela s’est bien passé, nous avons fait une présélection des fermes qui nous intéressaient (et qui acceptaient des débutants) et avons trouvé un contact en Irlande à Strokestown dans la ferme « Finlaugh farm ». Le propriétaire, Finn, nous a réservé deux places, pour un séjour de six semaines. Il ne nous restait plus qu’à préparer le trajet.

Je me suis chargée de la réservation des billets d’avions, et ai trouvé sur e-dreams un vol intéressant : 150 euros aller-retour pour deux personnes, voilà qui me semblait être une très bonne affaire. Seulement, je n’ai pas été prélevée de 150 euros mais de 260,50, parce que ces messieurs-dames prennent 54,08€ de charges par voyageur. Conclusion : n’allez JAMAIS sur e-dreams !

Pour le reste, nous avons regardé quel bus prendre, et Finn, le propriétaire, a accepté de venir nous chercher à l’arrivée.

Le voyage s’est bien passé, nous avons seulement eu un coup de panique en sortant du bus à Strokestown, parce que nous étions dans un tout petit village, et il n’y avait personne qui nous attendait. Heureusement, après une vingtaine de minutes, nous avons pu faire connaissance avec Finn, propriétaire de la ferme et d’une enseigne de produits biologiques à Dublin.

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Partie de la propriété, vue depuis l’une des chambre de notre maison 🙂

Et peu après, nous découvrions déjà la « petite » propriété au bord du lac. La journée était magnifique, et contrairement à ce que l’on aurait pu attendre de l’Irlande, il ne pleuvait pas !

Il y avait deux maisons sur l’ensemble de la propriété. Une en pierre, petite, mais non dépourvue de charme, occupée par Danny, qui allait devenir notre « manager » (imaginez une version hippie années 60) ; et une un peu plus grande que nous avons partagée avec deux Espagnols.

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La petite maison de notre « manager » Danny !

Parfois, les bénévoles vivent sous le même toit que le propriétaire. A mon plus grand regret, Finn n’avait une chambre que pour ses passages occasionnels, et vivait régulièrement à Dublin, ce qui réduisait à néant mes espoirs de vie dans une famille d’accueil (selon moi la meilleure manière de progresser rapidement dans une langue étrangère). Les deux premières semaines, nous nous sommes parfois sentis un peu seuls, surtout qu’il n’y avait pas (ou presque pas) d’autres maisons à proximité, et nous sommes allés découvrir les pubs irlandais du village, et l’ambiance des soirées de Carrick-on-Shannon. Avec l’arrivée de nos deux Espagnols, le quotidien est devenu vraiment agréable, les journées de travail aussi.

Travailler dans une ferme, c’est vraiment épuisant, et dans nos cas, cela a représenté beaucoup de travail. A 9 heures, nous devions être devant les serres pour les ouvrir et tout arroser. Puis nous avions des tâches assez variées : désherbage, entretien des légumes, récolte, tonte, préparation des sachets de salade, installation des clôtures électriques pour le bétail, construction d’un jardin-Compost (un jardin à plusieurs étages, dont le sol est nourri par le compost que l’on jette au centre dans une cavité aménagée à cet effet). Tout ça jusqu’à 17 heures, avec une heure pour le déjeuner.

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L’oeuvre réalisée en un temps records par mon compatriote 😉

La journée de travail était longue et difficile (beaucoup plus que ce que j’avais imaginé), et que nous n’avions jamais assez de temps à midi pour préparer à manger et nous reposer (et mon ami français mangeant pour 10 personnes, préparer le repas prenait un temps considérable 😉 ). Danny, notre manager, a cependant négocié avec Finn (parti en vacances pour trois semaines aux Etats-Unis) des pauses plus longues, pour lesquelles je lui serai éternellement reconnaissante.

J’ai été un peu déçue pour les repas. Car après tout, notre seul dédommagement pour nos efforts étaient bien la maison et l’alimentation biologique et saine. Pour pour la maison, on pourrait penser que c’est un luxe dont beaucoup seraient heureux… Seulement, elle nous a été remise dans un état de propreté qui laissait à désirer, et il nous appartenait de garder la maison « en état » pendant l’absence du propriétaire. Cette maison n’était donc qu’un demi-cadeau, car son entretien n’entrait pas en compte dans les heures de travail. Du côté de l’alimentation, nous avions droit en principe à tout ce qui était dans le jardin (seulement, pas avant la récolte parce qu’il fallait qu’on ait des choses à vendre ; et après, ce qui était mûr n’était plus dans le jardin. Ô déception !). Nous pouvions faire de bonnes salades, mais avec 60 euros par semaine pour quatre, nous ne pouvions pas aller loin (lait, œufs, huile, beurre, tomates, fruits, fromage). Une fois, Danny est venu chez nous pour nous donner une caisse plein de poissons frais que son père avait pêchés dans la journée. Devenus végétariens, nous avons été tellement heureux que tout a été mangé en l’espace de quelque heures (pourtant, il y en avait vraiment des dizaines !!). Le meilleur poisson de ma vie !

Tous les quatre, nous avons tenté d’aller pêcher : un échec ! (pauvres vers de terre qui auraient été bien plus utiles dans notre potager…). Un jour, pourtant, notre valeureux camarade française a décidé de prendre la mer (sur une petite barque) et nous a ramené deux poissons… bon, ce ne fut pas un délice, mais tout de même une belle victoire !

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Mon compatriote affamé prêt à braver les vents pour un poisson…
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… et qui est même revenu avec quatre proies !

Nous avions droit à deux jours chômés par semaine, que nous avons pris en milieu de semaine. Au début, nous sommes restés à Strokestown et sommes allés marcher au village (ce que nous ne pouvions pas faire durant la semaine). Puis nous avons décidé de visiter des grandes villes : Galway, et Dublin où nous avons improvisé un week-end une heure avant le départ du seul bus de la journée (que nous n’avons pu avoir que grâce à la générosité d’un Irlandais qui nous a pris dans son taxi en autostop).

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Galway un jour…
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… Galway toujours !

S’il fallait faire un bilan, je dirais que tout n’a pas été parfait, mais l’expérience n’en reste pas moins extraordinaire. L’attitude du propriétaire n’a pas vraiment été celle que j’espérais, et j’ai parfois eu l’impression qu’il profitait beaucoup de notre travail (comme la fois où il s’est vanté que dans SA boutique, les aliments biologiques n’étaient pas plus chers qu’ailleurs, tiens tiens mais pourquoi donc ?!!). Mais avec Danny, nous avons eu passé de très bons moments. Et surtout, j’ai adoré la vie à quatre, notre autonomie, et la sensation que la terre et le lac nous appartenaient. C’est une manière très épanouissante de passer des vacances, qui n’est pas reposante, mais qui a toutefois permis de découvrir un nouveau quotidien, et qui a été l’occasion de pratiquer l’anglais (par chance, nos deux colocataires n’étaient pas Français !!).

Si vous décidez de tenter cette expérience, je vous conseille de bien demander quels seront vos horaires de travail, et quels sont vos autres droits. Vous n’êtes pas non plus obligés de rester longtemps dans la même ferme. Beaucoup changent de ville toutes les semaines, mais je n’étais pas prête à affronter l’incertitude (ou la liberté) d’une vie vagabonde.   A vous de voir ce qui vous convient le mieux ! .

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