« Aucune tâche plus difficile n’a été confiée à l’homme que celle d’apprendre à être libre. »

Et aujourd’hui, je me dis que les Allemands sont peut-être ceux qui ont le mieux réussi. Car si l’architecture de l’université de Constance est éminemment moderne, moderne, elle l’est aussi et avant tout dans ses mœurs.

En Allemagne, du moins d’après mon expérience à Constance, l’université n’est pas seulement un lieu d’apprentissage ; elle est aussi un lieu d’expérience et d’épanouissement personnel. Peu importe d’où viennent les étudiants, peu importe leur âge, ils sont les bienvenus et tout est mis en oeuvre pour les accueillir. Ceux qui veulent porter le voile le font ; ceux qui veulent marcher pieds nus le font ; ceux qui tiennent à leur casquette ne la retirent pas.

Contrairement à de nombreux établissement (dont d’ailleurs les « Hochschule » allemandes, qui ne sont pas à confondre avec l’université), les cours n’occupent que très peu d’heures dans la semaine, ce qui laisse aux Allemands la possibilité de se consacrer à quelques loisirs. Beaucoup d’entre eux travaillent à temps partiel : le marché du travail allemand est très flexible et permet aux Allemands d’avoir des minijobs (1 heure à 50 heures par mois) rémunérée à 8,50€ sur des horaires que les étudiants peuvent choisir à leur convenance. Formule plutôt bien adaptée aux jeunes, n’oublions cependant jamais que c’est cette flexibilité qui est à l’origine de la précarité de beaucoup d’Allemands (il est en particulier très difficile de trouver un temps plein tant le travail est fragmenté. Il faut alors cumuler plusieurs emplois, ce qui est parfois rendu impossible par beaucoup de contrats : c’est le cas des minijobs à 450€ qui interdisent pratiquement de dépasser mensuellement un revenu de 450€).

Bref, la jeunesse s’en accommode (en avons-nous vraiment le choix ?).

A côté des cours, les jeunes en Allemagne sont particulièrement engagés dans la vie associative, qu’elle soit politique, sociale, culturelle ou humanitaire.

Et puis enfin, les Allemands n’ont pas ce penchant à stigmatiser les étudiants qui auraient commis l’imprudence de sortir d’un schéma universitaire traditionnel. Certain font deux licences pour trouver ce qui leur plait.Certains ont fait un service civique avant de commencer leurs études. D’autres ont suivi une formation professionnalisante et ne commencent donc leurs études qu’à 21-22 ans. Et puis il y a des étudiants qui sont parents, mais qui ne sont pas exclus pour autant du système universitaire : à Constance, il y a même une crèche pour accueillir les enfants du personnel et des étudiants. A quand cette liberté en France ?

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