Travailler, c’est bien; mais si cela permet de faire des voyages, c’est tout de même beaucoup mieux.

Cet année, l’été a été particulièrement court pour moi. Je suis restée à Constance dans mon Sud allemand jusqu’à fin juillet, et après une courte escale à Stuttgart, je suis allée à Lille pour y travailler dès le lundi.

Je suis bien contente d’avoir eu ce poste. Sans cette opportunité, je n’aurais jamais pu mettre autant d’argent de côté pour financer le début de mon bénévolat aux Philippines.

Je ne veux pas être ingrate, et ne ne remercierai jamais ma bonne amie rescapée de prépa qui m’a permis de travailler un mois cet été.

Mais Lille, tout de même, Lille

météo Lille début Septemre 2015
Météo à Lille, début Septembre 2015 (m’en fiche, je n’y suis plus)

Quand j’ai annoncé la nouvelles à ma famille et à mes amis, ils se sont mis à rire : « HAHAHA tu vas chez les Chti’s :’) »

Gros moment de solitude teintée d’exaspération.

Je ne connaissais personne à Lille, je ne connaissais pas la ville, rien du tout.

Nous sommes montés à Lille en covoiturage. Une des passagères nous a assuré que nous allions nous y plaire. Après tout, le centre était finalement loin d’être laid, et il a fait beau la première semaine, ce qui nous a donné du courage pour nous installer.

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J’avais sous-loué un appartement rue des Postes. J’ai appris à mes dépends que c’était le quartier le plus mal famé de la ville. Les habitants ont salué notre arrivée et se sont plutôt montrés accueillants. Cependant, soyons honnêtes : la rue était à l’image de la pauvreté de ses habitants, avec des maisons délabrées, des ordures qui jonchaient les rues, des hommes qui se soulageait dans des rues ou qui accostaient les femmes.

La deuxième nuit, Daniel a oublié son porte-feuille dans la voiture. On l’a récupéré le lendemain, intact, moins tout l’argent liquide. Pas un centime n’y avait été laissé.

Le dimanche, il y a le marché de Wazemmes dans le quartier. J’y ai traîné Daniel (ah ! ces hommes) et finalement, la promenade a été fructueuse : des pêches, des melons, des cerises, des prunes… il y avait de tout, et les produits étaient de très bonne qualité dans l’ensemble. Dans une rue, on pouvait acheter des plats asiatiques, dans une autre on vendait des poissons ou des fromages. Mais ce qui m’a le plus marqué a été la population d’étrangers et surtout de Marocains et Algériens qui parlaient de leur pays et vendaient des olives, des huiles, des encens, des confiseries à base de pâte d’amande dont je ne connais pas le nom. Le marché de Wazemmes est un événement incroyable et qui n’a rien à voir avec ce que je connaissais de la France. Dans les rues, il y a partout des mendiants à genoux par terre avec parfois un fils ou une fille dans les bras et les pieds toujours nus, mais il y a aussi toutes ces odeurs, ces couleurs, cette affluence et cette langue, importés d’un monde que je ne connaissais pas.

Les journées de travail se ressemblaient plus ou moins.

Le samedi venu cependant, nous avons pris le temps de visiter la région. Initialement, nous voulions faire un tour à Londres, mais le péage pour accéder au tunnel sous la manche était bien trop cher. Il y avait suffisamment d’autres choses belles à voir et plus à notre portée.

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Bruges s’est avérée très charmante et originale avec de belles places et des bâtisses très soignées. Les chocolateries y sont particulièrement nombreuses, et en voulant en visiter une au détour d’une rue, nous n’avons pu résister à l’appel de truffes au Champagne (une chacun, parce que nous ne sommes que deux étudiants aussi ruinés l’un que l’autre).

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Artistes chocolatiers

Nous avons profité d’une des dernières journées d’été pour faire un tour à Amsterdam, aux Pays-Bas. Très franchement, je ne m’attendais pas à découvrir une métropole d’une telle ampleur dans ce pays assez peu connu. Après des ralentissements en Belgique, il nous a encore fallu patienter une heure pour trouver une place.

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Nous avons pris le tram et sommes arrivés dans un centre bondé, ou les vélos circulent à toute allure, ou les taxis klaxonnent, ou les trams circulent en permanence, où les scooters roulent sur les pistes cyclables. La ville avait certes ses atouts, mais je me souviens surtout d’une affluence étouffante. Rien à voir avec une petite ville calme où l’on peut respirer le soleil au bord de l’eau.

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Pour la dernière journée, nous avons choisi la côte. Escalles avait fière allure sur les photos google (Google, la référence par excellence !) et le soleil était de la partie. C’était sans compter sur l’humeur lunatique du grand Nord. A peine avions-nous roulé quinze minutes vers Calais que déjà les nuages se faisaient plus épais et plus sombres et plus menaçants. Nous ne voulions pas rebrousser chemin et malgré des tenues fort peu appropriées, nous sommes restés une heure à la plage sur un sable humide et chaud malgré la pluie.

Plage d'Escalles, Nord-Pas-de-Calais
Plage d’Escalles, Nord-Pas-de-Calais

Daniel est rentré en Allemagne mardi, et j’ai pris mon train pour la maison juste après le travail. l’attente a été longue, le ciel s’est éclairci à mesure que nous nous avancions vers le Sud. Et enfin, après quelques heures, la petite voix a annoncé ma gare.

J’ai descendu tous mes bagages, et en voiture c’est à peine si j’ai reconnu mon village. Tout a déjà bien changé. A la maison aussi, beaucoup de choses sont différentes. Ce matin mon frère est reparti en Loire-Atlantique, ma petite sœur est à la fac et les parents sont au travail.

Rien de plus agréable que d’être de retour à la maison après une longue absence.

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