Ou plutôt, d’un bidonville géant.

La première fois que je suis allée à Panabo, j’ai été marquée par le nombre de tricycles jaunes (des mobilettes à carapaces pour transporter des passagers) qui roulent au hasard des routes ou s’arrêtent soudainement en plein milieu des voies quand les passagers perdent leurs tongs (je l’ai vu, de mes yeux vu!!). Les « voitures » roulent à droite et se doublent par n’importe quel côté. D’ailleurs, le code dit qu’ici, la meilleure façon de conduire, c’est de slalommer. Rien de bien rassurant, surtout quand on se dit que personne ne vérifie si les conducteurs ont le permis ou non (je n’ai encore jamais vu de policier). Pour les piétons, ce n’est pas de chance, car il n’y a pas de trottoir. C’est tant mieux pour les taxis-tricycles qui peuvent ainsi avoir plus de clients.

Le centre ville n’est pas vraiment un centre, du moins pas comme on l’entend chez nous. Il n’y a pas de belles maisons portant la date de leur construction, il n’y a pas de grande église, ni de grand parc. C’est comme si la ville n’avait jamais eu d’histoire, à part celle de la misère de son peuple.

A la place de grandes enseignes, il n’y a que des marchés de fruits, de céréales et parfois de friandises. Tous les 5 mètres, il y a une nouvelle boutique en tôle, rafistolée avec du carton. C’est aussi là que les commerçants vivent, avec leur famille. Beaucoup de vendeurs ont l’air d’adolescents.

Dans la rue, de vieilles nous agrippent les bras, des enfants essaient de vendent des chips ou des jeux de loto, des filles d’à peine 7 ans mendient avec des nourrissons dans les bras. A Panabo, il fait au moins 30 degrés dans l’après-midi. Ce sont des scènes écœurantes que je n’ai pas osé photographier.

Etre blanc veut dire que l’on est riche, et les malheureux nous suivent en tendant la main. Les tarifs sont automatiquement plus élevés pour nous.

Je suis blanche, et je ne l’ai jamais été autant que depuis que je vis parmi des hommes et des femmes de couleur. Quand je marche dans la rue avec les bénévoles, les gens se retournent sur notre passage, on nous montre du doit, on nous dit « guapo » et « guapa ». Cela veut dire « beau » et « belle » en visaya.

Etre blanc est un critère de beauté là-bas. Tous disent qu’ils détestent leur peau et qu’ils voudraient être comme nous.

Malgré leur pauvreté, les gens sont extrêmement bienveillants. Ils essaient de nous parler, sont souriants, et à notre passage n’ont qu’un espoir : que nous les prenions en photo !

 

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