En me promenant en ville à Davao et Tagum, j’avais pu remarquer quelques maisons qui avaient un peu de couleur et des murs encore entiers. Ce sont des maisons que l’on qualifierait de pauvre en France, mais qui ici sont déjà l’affiche d’un certaine prospérité de classe moyenne.

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Maison « normale » aux Philippines.
Maison de riche à Tagum, Philippines. Enfin, c'était ce que je pensais jusqu'à hier...
Maison de riche à Tagum, Philippines. Enfin, c’était ce que je pensais jusqu’à hier…

Je n’avais encore jamais vu de maison de riche (c’est-à-dire, une très belle maison habitée).

Hier soir, les 6 bénévoles que nous sommes avons été invités par le président du jardin d’enfants (Kinderdorf Mariphil) à dîner. Martin, notre coordinateur, nous avait prévenu que nous verrions ce soir-là une « autre face des Philippines ». Des discussions vestimentaires entre filles devaient donc s’imposer.

Pas de chance, nous n’avions pas prévu un tel événement et n’avions donc pas de tenue adaptée à une soirée dans la haute société (à l’orphelinat, on ne porte que des vêtement très simples, décontractés et aussi peu onéreux que possible). Enfin, ai-je pensé finalement, un riche aux Philippines, ce n’est pas la même chose qu’un riche en France. Ici ils ne font sûrement pas de manières !

J’ai enfilé mon jean-leggings, un t-shirt blanc et mes chaussures Décathlon à 5 euros, et j’étais prête. Les autres filles avaient opté pour des robes très simple et des sandales. Quant à Martin et Max, ils étaient en short. Ouf, pas de raison de s’inquiéter.

Tous les six, dans le coffre ouvert de la Land Rover de Em-Em, nous avons regardé les maisons de Panabo, curieux de ce qui allait nous attendre. La voiture a tourné dans une rue. Pas de belle maison en vue, que des cabanes comme on en voit partout ici, perdues parmi les autres dans la misère de la nuit.

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Puis sans transition nous sommes arrivés au niveau d’une bâtisse blanche immense, avec des lumières partout, un garde, un parking où étaient déjà garées trois ou quatre voitures. Nous sommes entrés en nous faisant tout petits. Le président du Kinderdorf nous a salués chaleureusement et derrière lui nous avons traversé le vestibule (où il y avait partout des sculptures, un grand canapé en toile, des dorures…). Dans la pièce suivante il nous a invités à nous asseoir, et rapidement nous sommes passés à table, sans attendre sa femme ni sa fille qui faisaient encore la prière.

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DSC_0109La table était mise, des dizaines d’assiettes dorées étaient déjà disposées, n’attendant que leurs invités. Deux domestiques s’occupaient du service (un buffet) et nous avons pour la première fois goûté des produits locaux de qualité (poissons aux légumes, pommes de terres à l’ail, poulet frit, salades à la mangue, ananas, pastèque, durian). Nous avons été gâtés, parce qu’un gâteau au chocolat (et un gâteau à la carotte) étaient également au menu, ce qui n’est pas très facile à trouver.

« Dieu est avec nous, car nous sommes avec les enfants, et Dieu protège les enfants »

Nous n’avons pas osé prendre la parole (manger, c’est mieux !) et avons laissé Martin bavarder. Il n’était pas intimidé du tout, et il savait de quoi s’entretenir (les élections municipales auxquelles notre hôte est candidat). C’était la préoccupation du moment, même pour son épouse et leur fille. Elles-mêmes, après nous avoir rejoints, ont expliqué qu’elle priaient tous les jours pour la victoire du père de famille (essayez de ne pas rire quand vous avez du riz plein la bouche).

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Nous ne nous sommes pas attardés après le repas. Franklin, notre hôte, nous as invités à assister à des batailles de coq et à tirer avec des armes à feu (il en a plein de différentes, qu’il nous dit) et nous a donné à chacun un bracelet catholique en bois (ouais je crois que je vais commencer à prier quelques heures l’après-midi, ça a l’air de bien marcher).

Sur le chemin du retour, j’ai observé les maisons du quartiers. Mais à trente mètres à peine, nous roulions déjà de nouveau devant les malheureuses cabanes du peuple.

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