Avant mon départ, je me suis promis de ne jamais assister à ce genre d’événements. Pourtant, les batailles de coqs sont une partie très importante de la culture philippine, alors je suis finalement allée voir, accompagnée des autres volontaires et guidée par Franklin, le président de MARIPHIL qui possède l' »amphithéâtre ».

Nous avons eu des places tout devant (quel luxe !) et sommes restés environ une demie-heure.
Il y avait deux coqs qui se battaient, avec plein d’hommes autour à l’intérieur de l’enclos, et très vite les coqs ont été enlevés, l’enclos nettoyé, et quatre hommes sont entrés avec un coq dans les bras. Deux des coqs avaient pour rôle d’agresser les deux autres coqs pour les énerver.

Pendant ce temps, en l’espace de quelques secondes, la température monte dans la salle et le public explose, il y a des cris partout, les gens se lèvent, s’envoient des signes, tendent des billets.

Puis sur un signe d’un des hommes dans l’enclos, le silence revient et les coqs commencent à se battre. Personne ne dit plus rien, mais les mains sont crispées sur les billets, et les spectateurs ne quittent pas la rixe des yeux.

Un combat a duré plus de dix minutes, les coqs ne pouvaient plus se battre, mais l’arbitre les remettaient debout face à face, ils n’avaient pas le choix et la torture n’a pris fin que lorsque l’un des coqs a cessé de répondre aux attaques le premier.

Les gens sont soulagés, d’autres déçus. Certains touchent leur gain. Et quelques minutes plus tard de nouveaux coqs font leur entrée et la salle s’anime à nouveau.

Pendant un combat, mon voisin, un habitué, me parle de la culture philippines. Les gens n’ont pas un sou à perdre ici, ce sont des ouvriers qui sortent tout juste du travail, pourtant tous les dimanches ils reviennent parier quelques pesos. J’ai demandé si c’était dans l’espoir de gagner de l’argent, mais mon voisin ne fait que rire et répond qu’ils ne jouent que des petites sommes et qu’ils viennent justement pour l’ambiance et le spectacle.

Je ne sais pas si cela sert à grand chose de commenter les droits des animaux ici. Pour nous, bien sûr, c’est révoltant et tout ce qu’on veut. Mais après avoir vu dans quelles conditions les gens vivent, je ne suis pas tellement surprise et ne vois pas trop comment nous pourrions défendre légitimement les droits des animaux et protester contre ces pratiques. Après tout, il n’y a pas de droits de l’homme non plus dans ce pays.

 

 

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