Shy, la directrice de MARIPHIL, avait un séminaire à l’université de Cebu ce week end. C’est une île que j’avais envie d’explorer, et Dana, la nouvelle invitée, était aussi motivée pour une petite excursion. C’est donc ensemble que nous avons réservé nos billets.

Nous étions en avance à l’aéroport de Davao, et nous avons pu prendre l’avion plus tôt. Le trajet a duré environ une heure, et il faisait nuit déjà. Nous sommes montées dans un taxi et avons réservé une chambre pour trois personnes au YMCA pour 1000 pesos. La chambre était correcte (je ne m’attendais pas à mieux connaissant les Philippines) et nous avons eu un petit déjeuner inclus : un petit bol de riz, un œuf sur le plat, une tranche de jambon et une saucisse. Personnellement je n’ai pas trop aimé (c’était trop gras, et puis je ne me suis toujours pas habituée au riz au petit déjeuner !), mais je pense que les gens d’ici savent s’en accommoder.

Pendant que Shyanne était à l’université le samedi, nous avons fait le tour du quartier pour chercher une connexion Internet (en vain) et de la crème solaire car je n’avais pas pu emporter mon flacon dans l’avion. Dans un café, j’ai demandé une bonne adresse de plage à visiter à proximité, et plusieurs personnes m’ont conseillé d’aller à Lapu Lapu. Le nom ne m’était pas inconnu et Dana et moi avons demandé à un chauffeur de taxi s’il connaissait un camping vraiment pas cher à Lapu Lapu. Sans hésiter, il nous a affirmé qu’il en connaissait même plusieurs et que si le premier ne nous convenait pas il pourrait nous conduire vers un autre endroit. Une heure et demie plus tard (à cause de la circulation difficile en ville), nous arrivions sur l’île de Mactan, au fameux camping. Nous avons tout de suite su que ce ne serait pas pour nous. Nous recherchions un endroit pour dormir dans un hamac au bord de l’eau, comme à Mati : la chambre la moins chère coûtait 8000 pesos (soit 160 euros) ! Nous avons donc précisé que le camping que nous cherchions ne devait pas coûter plus de 300 euros par personne par nuit, et les ennuis ont commencé. Le chauffeur de taxi a commencé à paniquer et à nous dire que pour aller dans un autre camping il voulait 500 pesos pour le trajet à la place des 400 pesos convenus, parce que la promenade lui ferait trop cher finalement. Le second « camping » n’était pas mieux, et dans le troisième, plus abordable, il n’y avait pas de plage (ni de wifi) ce qui n’avait aucun n’intérêt pour nous. Nous avons alors décidé de de reprendre la route vers Cebu City dans le même taxi (800 pesos l’aller-retour, dans le vent).

Nous avons été très déçues et irritées, mais finalement, je crois que le chauffeur était honnête. Il ne devait pas avoir beaucoup d’argent, ni de repères en terme de valeur et de prix, et a vraiment pensé que 8000 pesos la nuit n’était pas cher pour des Européennes comme nous (tout le monde pense que nous sommes millionnaires parce que nous sommes blanches, ce qui pour les rapports pesos-euros n’est pas forcément loin d’être le cas).

Le chauffeur nous a déposées devant l’auberge de jeunesse que j’avais repérée sur Internet avant le départ vers Cebu. Ils avaient encore une chambre pour deux personnes disponible, 550 pesos, très propre, nous l’avons prise aussitôt. Nous avons demandé plus d’informations pour les séjours et les visites possibles à faire, et nous avons vraiment été très bien renseignées. L’auberge s’appelle tout simplement Cebu Guest House, au 211 Mango Avenue, l’ambiance y est agréable, il y a la wifi et tout (dommage pour la salle de bain trop petite et… trop philippine !).

Nous avions encore l’après-midi de libre et en avons profité pour découvrir les lieux historiques de la ville. J’ai été bien surprise de constater que Cebu n’avait rien à voir avec Davao ou Panabo. A Cebu, je trouve qu’il y a beaucoup plus de très belles maisons (mais je ne suis pas non plus allée dans les bidonvilles, mon impression de touriste est donc peut-être faussée), et surtout, elle a une histoire plus ancienne et plus marquée dans le paysage urbain qu’à Davao. Certaines églises ont la même architecture que sur Mindanao. Mais certaines vieilles bâtisses ou églises m’ont rappelé les monuments que l’on peut trouver en Europe. Cebu est la ville la plus vieille des Philippines, elle a été colonisée par les Espagnols, et c’est là que se trouve la première église des Philippines, portant la croix de Magellan.

Nous avons décidé de partir faire un parcours de canyoning dans le Sud de l’île le lendemain. La réceptionniste avait un contact et a passé le coup de fil pour nous. Nous n’avions qu’à monter dans un bus à Cebu South Bus et descendre à la Playa Beach.

Kanyoning a la Playa

Le trajet a duré moins longtemps que prévu et nous sommes arrivées plus tôt sur place, mais en quelques minutes nous avons été repérées et notre guide a été prévenu de notre arrivée.

Nous avions emmené notre appareil photo, ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre, ni s’il était possible qu’un guide protège nos affaires pendant que nous étions dans l’eau, mais tout de suite en voyant les images nous avons compris pourquoi les guides proposaient une location d’appareils photos waterproof (200 pesos).  Nous avons enfilé une veste de sauvetage et des chaussures résistantes à l’eau, laissé dans un casier nos effets personnels, et sommes allées aux gorges en mobilette. L’aventure a commencé par un saut de 5 mètres dans l’eau. Ca ne paraît pas grand-chose vu d’en bas, mais c’est quand même quelque chose (il m’a fallu environ une demie heure pour me décider à sauter, après avoir laissé passer trois groupes devant moi). J’ai promis que après avoir sauté 5 mètres j’étais capable de tout sauter, mais ça, c’était avant de savoir qu’il y avait un saut de 10 mètres plus loin dans le parcours (mais je l’ai fait – après une nouvelle demie-heure, les pétoches !). Le paysage était franchement magnifique, je crois que je n’avais rien vu d’aussi beau auparavant. L’eau était d’un bleu irréel, très propre, et l’on pouvait admirer de près les stalactites et les caves. Il y avait vraiment beaucoup de touristes, mais ce n’était pas bondé non plus, car l’eau était fraîche, et personne ne voulait trop s’y attarder non plus. Pour finir, il y avait encore deux sauts possibles, le premier nous a été déconseillé par le guide car trop dangereux quand on ne sait pas où poser les pieds et quel élan prendre. Le dernier était sans risque, mais 16 mètres… trop peu pour moi (je suis restée pendue à ma liane au-dessus du précipice lorsque j’ai glissé, jusqu’à ce que les guides explosés de rire ne se décident à m’aider).

Pour terminer la matinée, nous avons eu droit à un déjeuner (des pommes et des bananes) et nous avons décidé de donner à notre guide étudiant l’équivalent de trois euros de pourboire chacune (apparemment, c’est énorme). Nous n’avons sûrement pas fait l’affaire du siècle (nous avons rencontré des participants qui ont eu de meilleurs prix), mais tout de même, nous avons été plus que satisfaites de notre parcours.

Comme le trajet durait trois heures et que nous avions envie de voir Shyanne l’après-midi, nous sommes rentrées directement et avons planifié avec elle la journée du lendemain.

 

Une étudiante de sa promo lui avait proposé une sortie dans un centre équestre à une heure de là. Je ne sais pas comment s’appelle ce centre, mais on s’en fiche en fait, parce que je ne le recommande pas du tout. Pendant environ 20 minutes, un valeureux écuyer a roulé après les chevaux avec sa bicyclette, on l’a vu faire au moins 8 ou 9 allers retours (au moins on a bien ri). Les chevaux étaient affamés et le bonhomme visiblement pas de bon poil ! Nous avons fait un petit tour au marché, avons profité du paysage montagneux et sommes rentrées tranquillement vers Cebu City.

Nous en avons profité pour visiter le temple bouddhiste de Cebu, puis le centre commercial qui est le plus grand des Philippines apparemment (et vraiment luxueux, on se demande comment des Philippins peuvent avoir autant d’argent). Et enfin, après avoir fameusement dîné coréen (très très très épicé), nous sommes allées sur la plus haute montagne de Cebu pour admirer les lumières de la ville.

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