Mon séjour à l’orphelinat a pris fin mardi, après quatre mois de travail avec les enfants. Le temps est passé bien trop vite, surtout avec Noël et le Nouvel an qui ont rempli mon emploi du temps. Maintenant que je connais les enfants et que je comprends comment l’orphelinat fonctionne, je sais aussi ce qu’il faudrait faire pratiquement pour organiser et encadrer les activités. Les autres bénévoles ont changé les clubs du week end et les modes de contrôle d’absence. Ils sont très motivés et je crois qu’ils auront mieux les choses en main maintenant. C’est vraiment dommage que je parte justement au moment où tout se transforme et que mon idée de karaoké et de club d’art a été appréciée par tout le monde.

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Les derniers jours se sont bousculés, avec les adieux à faire à l’orphelinat, aux amis que je m’étais faits au café roadside et la préparation de ma vie d’après. J’ai essayé de passer plus de temps avec les enfants, de faire quelques dernières belles photos, et d’imprimer un petit souvenir pour chaque maison

La veille de mon départ, les enfants et les éducateurs m’ont préparé une soirée surprise. Ils m’ont fait asseoir sur une chaise face à eux, et un représentant de chaque maison m’a offert des dessins et prononcé quelques mots d’adieu. J’ai reçu un t-shirt de ma maison avec une photo de nous tous dessus et un tshirt de MARIPHIL avec un design dessiné par Kublai, le célèbre artiste philippin qui travaille avec nous dans le projet art for a cause.  Les bénévoles m’ont apporté leurs mots d’au revoir et chanté des chansons avec la guitare de Jojo, pile pour le dessert de sorte qu’ils ont eu leur part de mango float.

La soirée d’adieu n’a pas vraiment eu lieu, à cause du matériel de karaoke qui n’a pas voulu fonctionner (mais le soir deux social workers ont réussi à faire marcher les hauts parleurs et se sont fait un karaoke en douce… jusqu’à ce que je les surprenne et me joigne à eux).  Tout le monde a été adorable, et j’ai reçu plein de mots gentils de tout le monde et des câlins des enfants. Ray (le social worker) m’a prépa un montage d’au-revoir  (avec des photos piquées sur mon facebook, mais c’est mignon quand même !) et Shy, avec qui je suis le plus proche, m’a tricoté une petite pochette en souvenir.

Comme Mama Jean m’a réclamé ma couverture d’avion, j’ai décidé de la lui donner le jour de mon départ avec une petite lettre, et j’ai cédé tous mes magnifiques coquillages de Mati à Joyce (qui m’a promis de les partager avec les autres enfants).

Avant mon départ, Ray, le jardinier, m’attendait dans le bureau pour me montrer quelque chose qui lui tenait à cœur. La semaine précédente, je lui avais donné mon tout premier dessin aux pastels à l’huile, fait avec les pastels qu’il m’avait offert pour Noël lors de l’échange de cadeaux du personnel. Il m’avait dit, « j’aimerais bien aller à l’endroit d’où provient cette image ». Alors il a arrangé l’image à sa manière. J’ai été touchée de voir qu’il avait tant apprécié ce dessin tout simple : il a ajouté sa photo sous l’arbre et m’a demandé d’envoyé une photo de moi pour la coller sous l’autre arbre !!

 

A l’aéroport de Davao, je n’ai pas eu de problèmes pour prendre ma guitare comme bagage à main (ceux-ci n’étaient même pas vraiment contrôlés), par contre j’ai dû délester ma valise trop pleine. Puis l’employé de l’aéroport m’a dit que les bagages à main n’étaient pas pesés donc je pouvais tout transvaser sans problème dans mon sac à dos. Mon étoile a été avec moi pour ce trajet.

Il y a tellement de choses que j’aurais aimé aborder dans mon blog sur les Philippines : le niveau de langue anglaise (moyen), l’affabilité des Philippins, la sécurité aux Philippines (prudence, mais si on respecte les consignes tout va bien, en plus les paysages dans les zones à risques sont bien mieux préservés), l’importance de la religion (prière avant et après le repas, avant le film du cinéma, avant les discours et réunions officiels, les paradoxe familiaux aux Philippines (la famille est importante mais en cas de divorce les enfants du premier mariage deviennent « illégaux » et sont abandonnés), le libéralisme et le conservatisme du regard social porté sur la sexualité (pas de rapport sexuel avant le mariage, pas d’enfants hors mariage, mais société très ouverte aux couples de même sexe et aux « transgenres » – à l’orphelinat, les petites filles peuvent avoir des amoureuses, les garçons se maquillent et se mettent du vernis, etc).

Je n’aurai pas le temps d’en parler plus, parce que de nouvelles aventures commencent pour moi. Comme mon bénévolat à l’orphelinat me coûtait trop cher, j’ai décidé de continuer ma route et de travailler pour financer mon voyager : comme job, j’ai choisi d’être au pair dans une famille à  Sydney rencontrée sur Facebook.  C’est donc pour l’Australie que je devais m’envoler, avec une vingtaine d’heures de route devant moi pour me préparer à ma nouvelle vie.

 

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