Jour 1

Pour changer un peu du centre de Sydney et de ses plages proches, je me suis enfin décidée à sortir en pleine nature pour visiter une destination touristique très populaire : les Blue Mountains de Sydney.

Je n’avais pas très envie d’aller me perdre toute seule dans une forêt tropicale, alors j’ai invité d’autres au-pairs à se joindre à moi et nous avons pris ensemble le train de 7:22 à Central direction Mt Victoria, assez tôt pour profiter au maximum de notre samedi. Nous étions quatre (trois Allemandes avec moi) et avions deux heures de train pour faire connaissance ; c’est là que nous avons rencontré deux autres backpackers (un Suisse et un Espagnol) qui allaient devenir mes compagnons de randonnée le lendemain.

Nous sommes descendues à Katoomba (de Greenwich à Katoomba le trajet m’a coûté 5,30$ avec la carte OPAL), avons pris un plan au centre de tourisme juste à côté de la gare et nous sommes mises en route vers les Three Sisters, ces montagnes vraiment impressionnantes qui ont fait vivre beaucoup de légendes. En bonnes touristes, quelques photos devaient être prises, et nous avons regretté que nos appareils photos ne puissent pas imprimer l’odeur bleutée des eucalyptus. Puis c’est parti direction les chutes d’eau. Nous nous étions  d’emblée trouvé un point commun : le non sens de l’orientation. Bien tard, nous nous sommes découvert un autre point commun : celui de ne pas savoir lire une carte, car ce n’est qu’au milieu de la forêt, alors que l’eau commençait à manquer, que nous avons réalisé que nous utilisions depuis trois heures la carte décrivant l’itinéraire des bus de tourisme.

Heureusement, au milieu de la Forêt de Leura, nous avons rencontré un autre groupe de quatre backpackers (deux Belges francophones, une Coréenne et un Hollandais) aussi perplexe que nous. Ensemble, nous avons repris la route, à la recherche de la sortie. J’avais réservé une chambre en auberge de jeunesse et avait tout mon temps, mais mes sept autres compagnons avaient un train à prendre pour Sydney, où ils tenaient à assister à la Gay Pride. Finalement, nous en avons encore eu pour plus d’une heure de marches (oui, de marches avec beaucoup, vraiment beaucoup de s)… Ce fut pour nous tous un solennel moment silencieux de questionnements sur le sens de notre vie sur Terre. Entre deux halètements, quelqu’un gémit ce que chacun se disait pour soi-même : « trop jeune pour mourir ». Enfin une idée finit par nous redonner du courage et de la bonne volonté : nous ne pouvions pas mourir avant d’avoir réalisé un selfie avec un kangourou !

Lorsque nous sommes arrivés à Katoomba, les deux groupes se sont séparés chaleureusement (nous avions partagé nos dernières bouteilles et nos derniers biscuits) et les Allemandes de mon groupe se sont mises en quête d’une pizza. Lorsqu’il fut temps pour elles de rentrer, il ne me restait plus qu’à faire quelques courses pour le lendemain et à retourner aux Three Sisters assister au coucher de soleil.

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Heureuse mais tout de même fatiguée, la dernière promenade de la journée vers mon auberge m’a semblée bien longue. L’auberge était plutôt conviviale, rien à redire niveau propreté et calme (30$ la nuit mais sans petit dèj, pour un couple ou deux amis c’est plus avantageux de se prendre une chambre à l’hôtel avec petit déjeuner inclus !). Même si j’ai dû partager ma chambre avec quatre parfaites inconnues, j’ai eu l’impression de retrouver un espace privé que je n’avais plus depuis le début de ma vie d’au-pair.

Jour 2

Un bon petit rhume ne m’a pas rendu la nuit facile, et mes colocataires d’un soir me maudissent sûrement encore à l’heure qu’il est. Cela ne m’a pas empêchée d’être levée de bonne heure pour ma deuxième journée de randonnée. Les deux voyageurs que j’avais rencontrés dans le train la veille m’ont rejoint à la gare de Katoomba, comme prévu, et en une vingtaine de minutes nous avons atteint Blackheath où nous voulions absolument faire le Fairfax Heritage Track (malheureusement le parcours vers le Grand Canyon était fermé pour sa remise en état). Nous avons choisi un parcours de six heures de randonnée, demandé plusieurs fois notre chemin pour trouver le début du circuit (pourtant nous avions un plan, pas gagné cette fois encore !) et l’aventure pouvait recommencer, entre les lianes et les palmiers (les lianes sont vraiment aussi souples et solides que dans Tarzan, c’est fou !). Finalement, malgré le très mauvais balisage et très peu de randonneurs, cela n’a pas été trop dur de trouver le bon chemin. Nous avons traversé des rivières, fait quelques pauses baignade dans les cascades et admiré sous tous les angles les immenses falaises de strates rouges.

Enfin, nous sommes arrivés, la vue était magnifique, nos efforts étaient finalement récompensés au centuple.

Nous avons d’abord été surpris de croiser des tas de gens bien frais affluer en sens inverse… Puis en découvrant un parking à vingt mètres, nous n’avons pu nous empêcher de penser jalousement que nous seuls avions vraiment mérité de contempler ces paysages !

 

Il nous restait encore sept kilomètres à parcourir pour atteindre la gare, et les deux garçons n’avaient plus d’eau (voilà peut-être pourquoi mon sac était plus lourd avec mes trois litres d’eau, ce n’est pas seulement parce que les filles ont besoin de plus d’affaires). Nous avons longé la route automobile et décidé de nous arrêter dans un hôtel pour remplir les bouteilles. Personne à l’intérieur mais nous pouvions voir deux hommes sur une terrasse par derrière. La porte n’était pas verrouillée, nous sommes donc entrés, avons attendu quelques minutes que quelqu’un vienne à notre rencontre. Les alarmes sonores se sont déclenchées, mais un peu las d’attendre et désireux d’arriver à destination, nous nous sommes tout de même servis directement au robinet et avons repris notre route.

Le destin ne voulait pas que nous découvrions une prison australienne, car un automobiliste irlandais s’est arrêté à notre niveau et nous a proposé de nous ramener jusqu’à la gare. Ni une ni deux nous sommes montés, finalement ravis de partager les paysages avec les automobilistes et heureux de ne pas avoir à marcher ces cinq derniers kilomètres sur le goudron (il n’y avait pas de chemin pour la fin du circuit). Pour terminer la journée, nous avons préférer nous restaurer dans un pub plutôt que d’attendre notre train sur le quai. A notre arrivée (après deux heures entre somnolence et crises de rires), notre carte de transport OPAL nous affiche que nous avons été débités de 0,00$. Et oui, le dimanche, les trajets de coûtent jamais plus de 2,50$, et nous avions déjà atteint ce maximum le matin ! Nous pouvons rentrer fiers de nous, avec de bonnes courbatures dans les cuisses et la certitude de connaître les Blue Mountains mieux que 99% des touristes.

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