Grâce à ma famille d’accueil, je comprends de mieux en mieux le style de vie australien. Bien sûr, on ne vit pas de la même manière dans toutes les familles, entre celles qui habitent en ville et les autres à la campagne. Rien à voir entre le centre désertique et les plages de sable fin. Rien à voir non plus entre la manière de vivre d’une famille arborigène et celle d’une famille implantée depuis plus longtemps ou d’une famille immigrée. Les parents partagent avec moi les films australiens dont ils sont si fiers, la comédie musicale The Sapphires (2012) qui raconte le parcours de célèbres chanteuses arborigènes, ou the Man from the Snowy River (1982). En ce moment, du côté musical, c’est Dami Im, d’origine coréenne, qui fait parler d’elle, encore plus depuis son succès à l’Eurovision 2016 (c’était non pas la premère fois, mais la deuxième, que l’Australie participait, comme nous le rappelle Gregory, expert Eurovision et militant pour une Europe interculturelle).

Boyne Island est une cité assez particulière, avec sa plage et son emplacement éloigné de la ville (30 kilomètres pour atteindre la petite ville de Gladstone). Elle reflète cependant très bien le mode de vie australien, typiquement « country ». Même à Gladstone, il n’y a pas grand chose à faire. Il y a une boite de nuit, un bowling, des bars (qu’on appelle encore « hotels »), des restaurants, et surtout des fastfoods, comme j’en parlais la dernière fois.
Pour ce qui est des boutiques, il y a bien deux petits centres commerciaux, des commerces locaux, mais le choix est limité. Lorsque l’on veut faire du « vrai » shopping, il faut aller à Rockhampton, à une heure et demie de route à l’Ouest. Cette ville se situe juste au niveau du Tropique du Capricorne, ce qui fait que la température y est plus élevée, parfois 4 degrés celcius de plus qu’à Boyne. C’est dire ! car à Boyne, il fait déjà très chaud, même en hiver. Typiquement, il fait très frais le matin jusqu’à 10 heures, dans la journée il fait très chaud avec toujours beaucoup de soleil (températures estivales européennes), et vers 5 heures les températures rechutent, très rapidement.

Ici, les gens vivent dans leur bulle.

Il n’y a pas beaucoup de travail à Gladstone ni dans les régions alentour. Les cités se dépeuplent peu à peu, les maisons sont à vendre, en un an les prix ont chuté de moitié. A mesure que les habitants partent chercher leur gagne-pain ailleurs, les commerces se résignent à fermer, faute de clients. C’est un cercle vicieux ! Globalement, les Australiens ne sont pas aussi riches que je me l’imaginais. Le niveau de vie est élevé, me direz-vous. C’est vrai, mais l’endettement privé ne l’est pas moins. L’assurance santé n’est souvent pas même une option réaliste.

La vie en Australie est très centrée sur la famille et sur la communauté locale : les petits bars, les marchés, les fêtes de village rythment le quotidien des ruraux. Ce sont des événements vraiment très populaires qui participent à la création de liens sociaux. Sur ces marchés, on trouve beaucoup de produits exotiques importés, mais aussi des créations d’artistes plus originales. Il y a des concerts, on y vend des frites et de la barbapapa. Chaque marché est une fête à part entière.

Ma famille m’a emmenée découvrir le festival annuel qui a lieu sur le Mount Larcom, la montagne qui domine toute la région de Gladstone. Le domaine était immense et les activités multiples, reflétant la diversité et la qualité de la vie rurale. Il y avait une compétition de tronçon d’arbre, des promenades à dos de dromadaire (mes lectures sur le thème de l’écotourisme m’ont toutefois dissuadée de me laisser tenter), des tours de magie, des sauts d’obstacle à cheval et des promenades en calèche. Il y avait des manèges, un petit zoo et aussi des concours du plus bel oiseau. J’ai été d’abord surprise de voir ces beaux spécimens exposés dans de si petites cages disposées les unes sur les autres. Lors de cette journée, d’un accord tacite les participants s’étaient couverts des traditionnels chapeaux australiens, portaient des chemises à carreaux et ce que j’appelle des bottines à clochettes. Les très vieilles maisons encore utilisées faisaient de cette montagne un décor parfait pour des célébrations rurales bien australiennes.

Dans moins d’un mois maintenant, je quitterai ma famille pour entreprendre la traversée de l’Australie en train et en bus, en passant par le centre désertique. Je prépare mon voyage et chouchoute mon appareil photo, j’aurai assurément un tas de choses à vous raconter !

 

 

 

 

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