Si je devais citer une chose que je rêvais vraiment de découvrir en Australie, sans hésiter je nommerais le centre désertique et ses paysages rouge ardent. Par facilité, j’ai choisi de participer à un tour au départ de Alice Springs à destination d’Adelaïde. J’ai réservé le tour en passant par une agence (sans d’ailleurs vraiment réaliser qu’il s’agissait d’une agence et non pas de la compagnie elle-même). Si vous prévoyez ce même type de voyage, je vous recommande de contacter directement les guides (les miens faisaient partie de Groovy Grape) et de négocier un meilleur prix (qui vous évitera à vous ainsi qu’à la compagnie les frais d’agence). Trop tard pour moi, mais vous êtes avertis, et je ferai plus attention la prochaine fois.

Jour 1 :
Notre guide Sam est venu nous chercher tôt le mercredi matin à l’hostel. Nous avons chargé toutes les affaires dans la remorque, et rapidement nous avons pris la route à bord d’un minibus. Nous nous sommes arrêtés dans une ferme d’émeus, plus tard de dromadaires de course, puis la route encore. J’avais hésité avant de faire le tour de dromadaire. Non pas parce que le coût (6 dollars) n’était pas inclus dans notre voyage, mais parce que j’avais lu dans des revues d’écotourisme qu’il fallait éviter à tout prix ce genre d’activités très malsaines pour les animaux. Notre guide cependant m’a convaincue que dans cette ferme je pouvais être sûre qu’il s’agissait de la santé des bête avant tout.
La promenade était courte, très agréable. Les filles qui avaient fait de l’équitation étaient plus à l’aise pour avancer avec le dromadaire et éviter les secousses. Malgré mon manque d’expérience, j’ai pris énormément de plaisir à regarder le dresseur parler à l’oreille de ses bêtes qui n’en faisaient vraiment qu’à leur tête. Pour un prochain voyage dans le désert, cela me donne quelques nouvelles idées, mais nous verrons bien.
Plusieurs heures plus tard, après une pause déjeuner (et un menu irréprochable tout à l’honneur de notre guide), nous sommes arrivés au Grand Canyon. Ceux qui ont voyagé en Arizona n’ont pas été tant impressionnés devant ce qu’ils qualifiaient de « pâle réplique ». Pour moi qui commence à peine de découvrir le monde, j’ai été parfaitement enchantée. Nous avons observé les paysages et la structures des roches, qui formaient parfois des vagues sur le sol. Notre guide nous a expliqué qu’un océan se tenait là jadis, mais qu’il ne voulait pas trop nous en dire pour l’instant et que nous découvririons tout en temps venu. Après avoir escaladé longtemps ces roches et ces paysages arides, nous avons été surpris d’atteindre un lac à l’eau très claire, prisonnier des montagnes. La lumière du soir était parfaite pour réaliser de superbes clichés. Quel dommage que je sois contrainte ici de réduire la qualité de mes photos pour vous en présenter un plus grand nombre. Tant pis, c’est ainsi ! Mais tout de même, quelle sensation étonnante, quelle fierté que de partager avec de si vieilles montagnes ce nouveau coucher de soleil.

C’est heureux et épuisés de cette première journée que nous avons rejoint notre camping, impatients de découvrir le reste de notre voyage si bien commencé.

Il fait très froid dans le désert la nuit, et nous n’avions que des swags pour passer la nuit. Il s’agit de gros sacs de couchage avec un matelas à l’intérieur.
Lorsque le feu s’est éteint, je me suis réveillée, frigorifiée, et alors impossible de me rendormir. Un peu honteuse de ne pas être aussi aventurière et endurante que j’aurais aimé l’être, je suis allée voir du côté des douches si je ne pourrais pas m’y réchauffer un peu. Hélas, la salle de bain était déserte depuis un moment déjà, il ne me restait plus vers 1h qu’à attendre le réveil des autres. D’ailleurs, nous devions partir tôt, et malgré le manque de sommeil j’ai été finalement contente d’avoir du temps, beaucoup de temps pour faire ma toilette, emballer mes affaire et être la première servie à la cuisine où notre guide avait préparé des pancakes aux chocolat pour nous mettre d’aplomb avant la longue journée qui nous attendait.

Jour 2 :
La seconde journée s’est déroulée dans la parfaite continuité de la première, d’autant plus que le sommeil ne m’avait pas apporté la rupture nécessaire à une parfaite distinction entre la soirée et le matin.

Tôt donc, nous nous sommes mis en route.

Nous avons fait une première halte dans un espace étrange, où d’un côté se trouvait le désert à perte de vue ; et de l’autre, cachée derrière les dunes de sables, une vaste plaine d’eau. Ce désert ne ressemblait décidément en rien à ce que j’imaginais d’un désert. Certes, par endroit, il y avait du sable, mais la plupart du temps, les paysages étaient composés avant tout d’arbres et de buissons secs.

Dans le parc national d’Uluru Kata Tjuta, il y a en réalité deux immenses montagnes rouges et rocheuses en plein milieu du désert – un peu à l’instar des devils marbles dont je vous ai parlé la fois dernière. Il s’agit des Monts Olgas, que les Aborigènes appellent Uluru et des Ayers Rocks, autrement dénommés Kata Tjuta.

Nous avons pris le temps de faire une randonnée en montagne sur les Monts Olgas et de parler de géologie en observant la structure des roches. Les montagnes se sont formées par accumulation de cailloux transportés par les courants océaniques. Ces cailloux ont été soudés avec le temps par du sable et compressés par l’océan. A certains endroits, la forme du  sol révèle très clairement qu’un océan a existé auparavant tout en haut des montagnes, ce que nous avions déjà découvert la veille.
Sam nous a parlé de l’histoire de ce territoire. Lorsque les « Blancs » sont arrivés en Australie, ils ont jugé naturel de s’approprier l’espace. Les Aborigènes locaux, qui avaient pourtant leur origine culturelle ancrée dans ces montagnes, ont cependant revendiqué leurs droits de pratiquer leur religion et de transmettre leurs croyances et leurs arts aux nouvelles générations. Les autorités australiennes ont finalement cédé, à condition d’ouvrir le territoire aux touristes de manière réglementée. Aujourd’hui, les Aborigènes se rendent toujours dans ces lieux pour les cérémonies d’initiations des jeunes garçons et des jeunes filles (lieux séparés). Dans certaines caves accessibles, les représentations aborigènes se superposent, blanches ou pourpres, et de nombreux panneaux rappellent aux touristes que ce lieu n’est pas le leur, et que même s’ils sont les bienvenus, ils doivent souvent s’abstenir de prendre des photos ou de parler trop fort.
Nous avons préparé le diner en regardant le soleil le coucher sur l’Uluru, un lieu absolument magique et intouchable pour les Aborigènes, enchantés d’avoir atteint ce lieu symbolique représentatif de l’Australie.

Jour 3
La nuit, plus courte, a été plus ressourçante pour moi. Nous avons eu un peu plus de temps pour explorer les lieux à notre guise. Nous avons fait le tour de la plus petite des deux montagnes, l’Ayers Rocks, surprenante car elle ne semble vraiment être qu’un immense roche venu de nulle part, en prenant le temps de nous arrêter au trou d’eau. Un panneau invite le spectateur au calme et à la méditation, l’initiant aux vieilles légendes aborigènes.
Dans un petit musée à côté, nous avions découvert déjà quelques rites et caractéristiques, y compris la distinction vraisemblablement inévitable (comprenez-vous pourquoi, alors qu’aucune des religions dominantes dans nos sociétés ne pouvait avoir influencé les Aborigènes) des rôles de l’homme et de la femme, de la chasse importante aux garçons pour devenir des hommes, et à l’apprentissage de la vertu des plantes pour les jeunes filles qui suivaient leurs mères, grands-mère et leurs tantes dans le désert.

Nous avions fait le tour de la région, nous n’avions donc plus de temps à perdre pour arriver à l’heure à notre prochaine étape. Vers 15 heures, nous sommes arrivés dans une vieille cité minière encore très active où nous avons d’abord visité une petite boutique d’art aborigène. Le propriétaire, amoureux fou des kangourous, aimait les recueillir et les nourrir. Il avait recueilli un petit bébé kangourou dont la mère avait été tuée par un chasseur. Je suppose qu’il l’a racheté aux chasseurs, car à cet âge les mamans ne laissent pas sortir les petits de leur poche. Le vieil homme devait y passer du temps, dans sa cour, avec ses kangourous. C’est qu’il avait mis du cœur à la décoration, et il nous parlait de ses petits animaux avec la larme à l’œil, et quand il donnait le biberon à son bébé kangourou, il me faisait penser à ces fermières de contes d’enfants qui venaient de trouver une minuscule princesse dans une fleur et qu’elles allaient adopter pour toujours.

Un peu plus tard, nous avons visité le musée d’opales où nous en avons appris plus sur l’histoire de la région. Nous avons été guidés dans une maison minière, qui nous a été présentée comme extraordinairement calme malgré son obscurité et qui en général faisait le bonheur d’acheteur retraités. Les appartements souterrains sont séparés les uns des autres par minimum 4 mètres de roche, une règle qui doit être respectée impérativement et qui est sanctionnée sévèrement en cas d’infraction, car les cas ne sont pas rare où d’heureux propriétaires ont trouvé une opale dans leur mur et ont creusé un peu plus et encore plus jusqu’à faire tomber la dernière épaisseur de mur qui les séparait encore du salon des voisins.

La nuit suivante, nous l’avons passée nous aussi dans une mine. Après trois nuits très fraîches à la belle étoile, nous nous sommes écroulés sur nos petits lits, bien au chaud, nous sentant comme dans un riche hôtel.

Jour 4
Sam, comme chaque matin, avait organisé le programme de la journée à merveille, et nous sommes arrivés à temps pour assister au lever de soleil. C’est un spectacle dont nous ne nous sommes jamais lassés. Un peu plus tard, nous avons découvert sur notre route un nouveau lac bien surprenant, profond d’à peine quelques centimètre, et qui donnait l’illusion de marcher sur l’eau. Nous avons dû improviser la soirée, de fortes pluies étant annoncées pour le lendemain, compromettant notre randonnée. Qu’à cela ne tienne, nous avons entrepris la version courte de la promenade le soir même, quittes à terminer un peu sous la pluie dans la nuit. Nous ne nous sommes pas pressés pour aller dormir après notre délicieux plat de poulet curry. Nous avions le temps de dormir plus longtemps le lendemain, puisque nous n’avions plus de visite à faire.

Jour 5
Nous avons pris le temps de faire une petite pause café dans un village, avant de nous arrêter avant le déjeuner déguster quelques vins locaux. Nous sommes arrivés à Adelaïde en fin d’après-midi, ce qui nous a laissé encore le temps de faire un petit tour en ville et au jardin botanique. Le lendemain, une autre aventure attendait une partie du groupe. Et pour les autres qui s’arrêtaient là, nous nous devions bien de leur accorder encore une dernière soirée avant de nous séparer, autour d’une table et d’assiettes pleines.

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