Me revoilà, embarquée dans de nouveaux projets, au Danemark cette fois-ci !

Le Danemark, ça sonne tout de suite moins exotique que l’Australie ou les Philippines. C’est sûr, il n’y a pas de palmiers ni de champs de bananiers sur la route du supermarché. Pourtant, c’est un pays extrêmement intéressant, du point de vue universitaire, culturel, géopolitique, économique et surtout social. Au travers de mes récits j’essaierai donc de vous donner un aperçu de cette partie du monde scandinave sous ses aspects les plus variés.

Avant-même de partir en année de césure, j’avais repéré quelques programmes de masters qui m’intéressaient tout particulièrement. J’avais surtout regardé les programmes à l’étranger, car j’étais partie de l’idée simple que les établissements français regardaient d’un mauvais œil les années de césure entre deux cursus universitaires. Il s’est avéré que cette considération était loin d’être absurde, mais je réserve ces remarques pour un topic rétrospectif sur le mythe des difficultés à réintégrer le système académique universitaire après une année de césure.

J’ai reçu ma lettre d’admission à l’Université de Copenhague (Msc Global Development) fin mai 2016. Soulagement intense, car j’attendais les résultats avec impatience, vérifiant parfois même plusieurs fois par jour l’évolution du traitement de ma candidature. La rentrée était annoncée fin août, ce qui me laissait une quinzaine de jours après mon retour d’Australie pour m’organiser.

Sans plus attendre, j’ai commencé les recherches de logement sur Copenhague et ai trouvé une place pour une chambre dans une résidence étudiante en plein centre, à 9 minutes à pieds de ma faculté. Ma résidence s’appelle Basecamp, c’est une ancienne caserne qui a été refaite à neuf intégralement cet été pour accueillir des étudiants. Elle se situe juste en face du jardin botanique, du musée de biologie, d’un imposant musée d’art européen et scandinave, et avoisine le Château de Rosenborg et son magnifique parc en fleurs. La vue depuis les cuisines à l’étage est imprenable. La résidence est vraiment bien aménagée, avec beaucoup de goût en ce qui concerne la décoration (on ne jure ici que par le design scandinave moderne). L’accès une laverie au sous-sol, à la cave et à la cuisine commune me rendent le quotidien vraiment agréables.

Mais comme c’est souvent le cas, tant d’éloges se s’en sortent pas sans un certain nombre d’inconvénients : les espaces communs sont vastes, mais pas toujours respectés par leurs utilisateurs. De plus, nous n’avons qu’un four et quatre plaques de cuisson pour tout le bâtiment, ce qui est bien peu, et la cuisine n’est pas équipée du tout. Il faut alors monter 3 étages avec les plats, les huiles, les ingrédients, s’assurer d’avoir sa plaque de cuisson et attendre son tour pour mettre les plats au four. J’attends avec impatience le jour où la cantine de la résidence ouvrira ses portes (elle est encore en cours d’aménagement).

Plusieurs structures réelles et virtuelles sont inachevées à ce jour, comme la salle de sport ou le réseau wifi parfois instable. J’espère cependant que tout sera terminé d’ici quelques mois. Avec le câble Ethernet fourni par la réception, la connexion est irréprochable, d’ailleurs les équipes Basecamp sont très à l’écoute, parlent au moins l’anglais parfaitement et se donnent du mal pour rectifier les problèmes sitôt que ceux-ci ont été signalés.

Parmi les 57 étudiants de ma promotion, 18 n’ont pas encore trouvé de logement, et plus de la moitié vivent en dehors de la ville. En septembre, près de 9000 étudiants à Copenhague n’avaient pas de logement durable… c’est chaque année la même histoire ! Les logements universitaires ont des listes d’attentes de 2 à 5 ans… et c’est plus souvent cinq que deux ! Connaissant les tensions que connait le marché immobilier et la précarité de très nombreux logements à Copenhague, je peux m’estimer chanceuse. La plupart des bâtiments sont très vieux, datant de parfois plusieurs siècles, et les chambres, cuisines et sanitaires d’autrefois n’ont pu être réaménagés qu’avec la place disponible, ce qui donne dans beaucoup de cas des chambres sombres et des pommes de douches au-dessus des wc. Moi qui croyais qu’on ne voyait cela que dans les pays en développement dudit « Tiers-Monde » ou dans ce que l’on appelait « Europe de l’Est » ou « Europe Soviétique » il y a trente ans encore ! Ici, dans la capitale du pays « le plus heureux du monde » d’après le World Happiness Report 2016 (une étude intéressante d’ailleurs qui tient compte du PIB, mais aussi du soutien social, espérance de vie, générosité, niveau de corruption, etc), c’est encore une étonnante réalité dont personne ne pense même à se plaindre.

 

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